Joyeux anniversaire…

Posted in Divers on 10 novembre 2009 by stivandco

Je profite d’aujourd’hui de l’anniversaire d’une personne qui m’est chère, pour parler d’un truc que j’ai toujours trouvé vraiment étonnant, et que je n’ai jamais saisi : il s’agit en fait de la peur de vieillir.

C’est commun : partout où l’on va, et presque tous les gens que l’on rencontre et qui ont dépassé, disons… trente ans (et encore) parlent de leur âge à mots couverts. Il y a bien sûr des exceptions à la règle mais, généralement, c’est le cas. La plupart du temps, on entend des choses comme “tu verras quand tu auras mon âge !!!”, “j’ai 40 ans et quelques années d’experience”, “c’est triste de vieillir, de perdre ses facultés…”, “profite de ta jeunesse ça passe trop vite…”

Ce genre de phrases a toujours posé de gros points d’interrogations dans mon esprit. Cela sous-entend que vieillir, c’est quelque chose de mal et qu’en plus on n’y peut rien changer. Il est très rare de rencontrer des gens qui se disent vieux et fiers de l’être, fiers de leur expérience, fiers d’avoir vécu plus que les autres… Moi, je pense sincèrement que c’est ce que je ressentirai quand je serai vieux : de la fierté, parce que j’aurai pu voir mille et une choses, et que je pourrai comprendre celles que je n’ai pas encore vues avec encore plus de profondeur que j’aurais pu le faire plus jeune. Je sais bien que ceux qui liront ces lignes penseront que je dis ça justement parce que je ne suis qu’un petit jeune, mais, ayant pas mal réfléchi à tout ça, je répondrais que c’est faux.

Bien sûr, les activités que l’on a quand on a vingt ans et quand on en a soixante-dix se font différemment ou ne se font plus du tout, mais la vieillisse, je pense que c’est justement l’occasion d’apprécier de faire les choses lentement et de réfléchir encore plus. Le feu de la jeunesse, au contraire, privilégie l’action à la réflexion, c’est un fait. Et c’est de plus en plus vrai, d’ailleurs, sans vouloir me montrer trop cynique. Alors oui, quand j’aurai quarante ou cinquante ans de plus, je n’irai plus passer la nuit dans les champs sous une tente, et je n’irai sans doute plus à des concerts de hard rock (enfin, il y a peu de chance.) Mais je suis certain que je pourrai faire d’autres choses tout aussi passionnantes, de me développer encore davatage dans n’importe quel domaine : il suffit juste de le choisir et de le faire.

Certes, bien sûr, il y a une certaine idée de déchéance qu’on ne peut enlever au fait de vieillir… Ne plus pouvoir marcher sans canne, ne plus entendre clairement, être malade plus vite qu’avant… Mais cela, je crois que toute personne avisée devrait l’accepter tant qu’elle est jeune et qu’elle ne l’a pas encore vécu, sans quoi elle passera sa jeunesse à redouter qu’elle se termine. Il n’y a qu’à voir les centaines de variétés de cosmétiques existants et le succès qu’ont ces produits pour s’apercevoir, d’ailleurs, que la très grande majorité des gens pensent ainsi, et, croyant rallonger d’autant leur jeunesse, ne font en réalité que la gaspiller, alors que tout le monde vieillit à la même vitesse… Quoi que puisse faire la science.

Alors moi, j’accepte totalement d’être vieux un jour, cela ne me fait pas peur. C’est dans l’ordre des choses. Oui, je vais profiter de ma jeunesse, mais pas parce qu’elle se terminera un jour, j’en profite juste parce que je suis jeune, tout simplement. Quand je ne le serai plus, je profiterai de la vie aussi. Peut être différemment, mais j’en profiterai tout autant, si ce n’est pas plus. J’ai un grand respect pour les vieux qui sont fiers de l’être, parce qu’on peut bavarder avec eux de milliards de choses interessantes, et c’est dans ces moments-là, seulement, que j’accepte qu’on me dise:  ”tu verras quand tu auras mon âge…”

Le purisme et les puristes

Posted in Divers, Médiéval on 9 juillet 2009 by stivandco

Avant toute chose, je vais essayer de définir simplement ce qu’est le purisme, en quelques mots. Selon moi, le purisme est un état d’esprit selon lequel on considère une œuvre (la sienne ou celle d’un autre) toujours inachevée, voire imparfaite. Le puriste recherche donc constamment la perfection dans le domaine qui lui tient à cœur, et pour ce faire, il n’hésite pas à recourir à des moyens pouvant paraître démesurés, comparés à leurs fins.

A première vue, donc, le purisme est une bonne chose ; puisque cela permet naturellement d’améliorer des techniques, des connaissances ou un savoir-faire. L’éternelle insatisfaction a toujours été reconnue comme étant l’un des moteurs principaux du perfectionnement, et je suis convaincu par le fait que la plupart des grands scientifiques sont ou ont été puristes dans leur domaine, sans quoi ils n’auraient sans doute jamais rien découvert.

Cet état d’esprit permet donc un dépassement de soi et des autres, et par là même induit une motivation très forte à toujours vouloir rechercher le meilleur : cette démarche est, en elle-même, déjà fort louable, car trop de gens se contentent du minimum ou de ce qu’il est facile d’obtenir.

J’en conclus donc que d’un point de vue technique ou d’intérêt général, le purisme est indéniablement une bonne chose.

Par contre, d’un point de vue personnel, je suis persuadé du contraire. Effectivement, quelqu’un qui ne serait jamais satisfait de ses propres réalisations pourra-t-il jamais être heureux ? Accomplir quelque chose d’incroyable aux yeux du monde, cela a-t-il encore un sens lorsque l’on n’est pas satisfait soi-même et qu’on rejette cet accomplissement pour la recherche d’un nouvel idéal ? Je ne pense pas, puisque rejeter l’idée que nos créations puissent être achevées un jour revient à dire que ce que l’on a créé n’a jamais servi à rien, si ce n’est à faire quelque chose de mieux, mais qui sera à son tour déprécié. C’est une spirale sans fin qui ne peut amener rien de bon, et peut précipiter l’artiste dans un gouffre de désespoir où il ne fera jamais que tourner en rond, en perdant toute fertilité créatrice.

Je viens donc de parler des puristes les plus « extrêmes », ceux qui ne renonceront jamais à trouver mieux que ce qu’ils ont déjà, d’un point de vue technique et scientifique (intérêt général) et d’un point de vue artistique (intérêt personnel).

Abordons maintenant le cas des faux puristes, ou pour parler plus simplement, des cons.

Il en existe deux sortes :

D’abord, ceux qui croient adopter le point de vue des puristes ; mais qui n’en ont ni le courage, ni la patience, ni les capacités de le faire et qui ne s’y tiennent pas. En général, cette catégorie de personnes ne produit rien elle-même, mais se contente d’émettre des jugements négatifs, voire virulents, au vu du travail des autres ; en une qualité d’expert qu’ils n’ont évidemment pas. Inutile de s’attarder longtemps sur ce cas précis, puisque cela a toujours existé et existera toujours : en deux mots, les gens qui émettent des avis sur tout sans avoir la capacité ou la légitimité de pouvoir le faire.

Ceux qui posent véritablement problème, ce sont ceux qui adoptent le point de vue puriste et ont des connaissances poussées dans le domaine où ils émettent leurs avis (donc, des gens qui ont une légitimité indéniable dans le fait de conseiller, de déprécier ou d’apprécier) ; mais qui se contentent de ne réfléchir qu’à partir d’éléments avérés et concrets, en ne laissant aucune place à l’intelligence humaine, qui a la particularité de produire de l’imagination et des hypothèses.

Avec cette catégorie de puriste, il n’y a aucune place à l’évolution des savoirs et des techniques, puisque leur but (avoué) est de se retrouver face à un « travail » qui se rapproche le plus possible de la perfection en un domaine donné. Ces puristes-là se limitent donc à être des personnes renfermant un savoir très poussé dans un domaine (et, le plus souvent, c’est un savoir qu’ils gardent jalousement, quand (dans le pire des cas !) ils n’en font pas l’étalage). Ce puriste psychorigide ; en deux mots, se résume à être le mime de ce qui peut se faire de mieux en une matière… Et donc, ne sert strictement à rien.

Prenons un exemple précis, les historiens.

Parmi les historiens se dessinent deux écoles : ceux qui se contentent de ne décrire l’histoire que par les faits avérés et concrets (les pièces de fouilles, l’architecture et les textes) et donc, qui ont autant d’utilité qu’une encyclopédie ou un livre d’histoire ; et ceux qui, à partir de ces mêmes sources, formulent des hypothèses et les confrontent : c’est ce qu’on appelle « Living History » dans les pays anglo-saxons. Les premiers n’ont donc comme qualité que celle de rassembler les savoirs déjà existants ; tandis que les autres, outre la possession de ces mêmes savoirs, gardent la possibilité d’en créer de nouveaux ; ce qui est infiniment plus intéressant et utile ! Sans compter le fait qu’une confrontation d’hypothèses amène obligatoirement à une réflexion et, pourquoi pas, à entrevoir de nouveaux horizons dont on n’aurait pas soupçonné l’existence auparavant.

Une restriction cependant : l’hypothèse doit absolument être formulée dans le respect et la non-contradiction des savoirs disponibles avérés (les sources) et surtout garder son statut de possibilité, sans quoi le danger qu’elle induise en erreur est énorme et, dans ce cas, elle aurait l’effet inverse de celui désiré.

Dans le domaine de la reconstitution historique, il est malheureusement très courant de rencontrer ces personnes qui croient détenir une vérité immuable et universelle. Ces gens se ferment de façon assez pitoyable à la moindre hypothèse historique qui pourrait contester leur vision des choses, pour le meilleur ou pour le pire (bien qu’ils n’envisagent jamais que cela puisse être meilleur). Des gens donc, qui se disent « purs » historiquement mais dont la démarche est délibérément bloquée, arrêtée : c’est précisément là qu’ils sont contradictoires avec le concept de purisme, bien qu’ils se revendiquent très souvent comme tels.

Ces erreurs ont pour conséquence d’amener ces dogmatiques à une sorte de frénésie qui, vue de l’extérieur, paraît excessivement stupide. Les costumes, les accessoires, les motifs : tous auront les mêmes puisqu’il s’agit des seules sources retrouvées, et aucun n’aura eu l’audace de « s’inspirer de », sous peine de se voir déprécié par ses « pairs ». Il n’y aura donc aucun intérêt culturel, sinon celui de pouvoir « voir » des sources reconstituées.

« S’inspirer de », c’est là, précisément, le fin fond du problème. Toute la différence entre « vrai » et « vraisemblable » y réside. Certes, avec la certitude d’être « vrai » nous pouvons être sûr de rester conforme à une vérité précise. Mais une vérité qui n’aurait de rapport qu’avec quelques pièces de fouille, qui se comptent sur les doigts d’une main, et dont on n’est absolument pas sûr qu’elles soient représentatives de la tendance d’une époque.

En revanche, le « vraisemblable » repose sur la base des données et des techniques existant à une date précise (les mêmes sources donc, mais utilisées différemment : elles ne sont plus imitées, mais permettent de connaître l’avancée précise des techniques artisanales de l’époque). Tout devient alors possible et simple : si l’objet inventé par le médiéviste est conforme à ce savoir-faire connu, alors cet objet a pu exister. Et c’est bien là tout ce qu’on lui demande…

Pensée du jour – 3

Posted in Pensées du jour on 2 juillet 2009 by stivandco

“Celui qui compte sur la chance ferait mieux d’en avoir beaucoup !”

J’adore celle-là, déjà parce que c’est cynique, mais en plus parce que c’est parfaitement exact.

Que le chancre te puisse venir aux moustaches !

Posted in Elucubrations, Médiéval on 9 juin 2009 by stivandco

Ah, il y a mille ans, on savait vraiment bien insulter, pas d’erreur. Eh oui, tant de choses se perdent aujourd’hui, même la vraie niaque des piliers de bar, si c’est pas triste, ça !

La preuve en est la longue liste qui va suivre… Quand aux expressions toutes faites, hé bien, ça sent bien le rustique: excellent.Le plus drôle c’est que la plupart se comprennent assez bien… Quand aux autres, hé bien, même si aujourd’hui on parle carrément une autre langue, eles sont quand même bonnes en bouche (entraînez-vous !)

Bonne rigolade…


Insultes médiévales

Abaieor : Chien qui aboie/casse-pieds, jaloux, envieux
Abeteor : Trompeur, dupeur
Abriconeor : Filou, fripon
Accidos : Paresseux
Acoperos : Cocu
Afadé : Faible
Afamé : Efféminé/précieux, tante, homo, chochotte
Afitos : Insolent
Ahaus :Fumier/ordure, salopard
Ahur : Voleur
Aillevin :Enfant trouvé/bâtard
Ampas : Valet/lèche botte
Aoltre :Bâtard
Apesart : Fardeau, gros lourd
Arecier : Mettre en érection
Arnal :Cocu
Arsoneor :Teigneux
Assenseor : Délateur
Atainos : Querelleur
Aventu : Etranger, homme/métèque, péjoratif “Sans feu ni lieu”
Avien : Plaisir charnel, luxure
Avoutre : Débauché
Bailleur de paroles en paiement : Mauvais payeur
Bandoulier : Brigand
Bastard : Bâtard
Baubi : Andouille
Bécart : Hérétique, stupide
Bedel : Pillard
Bobu : Nigaud
Bogre/bougre : Sodomite
Bren : Ordure, merde
Buison : Stupide
Cafre : Lépreux
Catier : Sodomite
Caveste : Coquin
Chapon maubec : Poltron à mauvais bec
Chatron : Châtré
Chiabrena : Chien de merde
Chopolote : Cloporte
Coart : Couard
Coillon : Couillon
Coquebert : Nigaud, impertinent
Coquillard : Faux pèlerin, escroc
Corain : Sodomite
Corbineur : Voleur, escroc
Cornart : Cocu
Couille de Lorraine : Pourquoi de Lorraine ?
Coterel : Pillard
Croque-lardon : Pique assiette
Croutelevée : Vérolé, lépreux
Cuide : Bourse sans testicule
Culvert : Serf, Personne de basse extraction
Devrevé : Laideron, vilain
Drubert : Impuissant
Ernol : Cocu
Escaran : Brigand
Escorchart : Ecorcheur
Escrafe : Saleté, déchet, pourri
Eske : Lâche
Esmeut : Excrément, merdeux
Galier : Débauché
Gast blé : Ravageur de champ de blé
Géménée de godinette : Engeance de débauchée (version littéraire)
Godon : Anglais
Gore pissoue : Truie pisseuse
Harpailleur : Filou
Ladre : Lépreux
Ladre vert : Lépreux moisi !
Lunetier de l’antéchrist : Cherchez pas à comprendre !
Malbête ou maucréature : Créature du diable
Mâtin pourri : Chien pourri
Maujoint : Sexe féminin
Musardeau du diable : Niais du diable
Paillarde : Débauchée
Patarin : Cathare, hérétique
Pleurard de merde : C’est comme ça !
Quistre : Bâtard, vil
Rogue : Arrogant
Salezart : Salaud
Taille-lard : Fanfaron
Truandaille : Ramassis de truands
Veau coquard : Abruti qui se la joue
Vendeur de coquilles vides : Escroc
Vessard : Froussard (qui vesse de peur)


Expressions et locutions:

- Prendre l’eschampe : fuir
- Broster le brau : brouter la boue, mordre la poussière
- Bote-en-coroie : voleur, coupeur de bourse
- Vis d’apaupariz : tête comme un cul
- Par le cul Dieu !
- Aller en dar : être en mauvais état
- Estre en dar : ne servir a rien
- Dire lait : insulter
- Dire feves : dire flute (envoyer sur les roses)
- Dire pois : dire flute (envoyer sur les roses)
- Etre doille de vin : être saoul
- Dormir son vin : cuver
- Faire le coc empleu : faire la poule mouillée
- Enfant de pié : fantassin, chair à canon
- Escot de barnecs : rejeton mâle de péripatéticienne
- Emble denier : voleur
- Enondu : nom de dieu
- Escorche raine : écorcheur de grenouille
- Escoueur de bourse : coupeur de bourse
- Conter escot : faire payer un autre à sa place
- Dire son esme : exprimer sa pensée
- Perdre son esme : perdre la raison
- Avoir l’haleine escosse : perdre la respiration, s’essouffler
- N’estre pas esclanchier : ne pas y aller de main morte
- Felon de pute estrace : rejeton mâle de péripatéticienne
- Que cent diables te sautent au corps !
- Damné comme un serpent !
- Dieu (ou le Saint que vous voulez) te mette en mâle semaine !
- Mal fête t’envoie Sainte Madeleine ! (ou tout autre canonisée)
- Par la sanglante gorge !
- Par les Saints Couillons du pape !
- Que le chancre te puisse venir aux moustaches !
- Que le feu saint Antoine te arde ! (et là seul saint Antoine est utilisable)
- Que le mal saint Mathelin te tienne au cerveau !
- Retourne à la landie ta mère !
- Sanglante fièvre te doint Dieu !
- Chiabrena à cul punais !
- Bourg de godon ( Bâtard d’Anglais !)

Merci aux différentes sources piochées sur le net pour cet article et notamment à Cassetrogne des Coquillards de Villon.

Martin, 2e itération – Considérations sur le roman historique

Posted in Martin de la Folatière, Médiéval on 14 mai 2009 by stivandco

Les aventures de Martin se précisent; de plus en plus, je prends à coeur de travailler sur ce personnage que j’aime beaucoup, à tel point que, depuis un petit mois, je “bouine” sur un roman historique qui lui est consacré !

C’est le grand retour de l’imagination fertile, qui m’avait quelque peu délaissé depuis mon premier roman et les nombreuses nouvelles que j’ai écrites (dont la plupart resteront bien cachées dans mes tiroirs !), un fait qui m’avait grandement inquiété pendant un bon moment et m’avait empêché de continuer sur ma lancée … Mais que voulez-vous, il faut bien fourbir ses armes d’auteur: on ne peut commencer une activité sans être un total débutant. Cela fait déjà plus ou moins cinq ans que je m’amuse à écrire des textes divers; la plupart fantastiques et se passant dans diverses époques; et d’autres, plus historiques… Aujourd’hui, avec le recul, je m’aperçois à quel point ces méandres et mes erreurs me furent utiles, pour savoir comment marcher et vers quoi, je crois bien avoir trouvé “ma” façon de faire, à la fois impromptue et réfléchie, à la manière d’un tricot, d’une broderie : on a un plan, mais il restera toujours une grande place à l’improvisation, aux fioritures, au paufinement (et d’ailleurs, c’est la partie la plus intéressante du processus.)

Quand je relis mes textes, je me vois grandir, m’améliorer, c’est extrêmement encourageant. En fait, il faut seulement travailler, faire, si l’on veut s’en donner les moyens… C’est possible. Je suis d’une certaine paresse naturelle pour certaines choses, mais ces conclusions m’ont fait comprendre ce genre d’évidences en profondeur.

Ecrire, c’est ma grande passion : tout oublier, devenir quelqu’un d’autre, qui crée au lieu d’assister, c’est magique. Pendant des heures, on se retrouve dans une bulle increvable, inviolable, comme un gamin avec son jeu de cubes, on élabore, on invente, on crée, on rêve, on balaie et on recommence, on ajoute les touches finales, on relit et là, magie. L’écriture, c’est s’évader complètement, oublier et se souvenir de choses qui ne se sont pas passées. C’est une activité à la fois intime et éxhibitionniste, une véritable catharsis, un chaos dont on n’avait même pas idée avant de le coucher sur papier, un chaos qui prend forme et qui choque, puisqu’il nous révèle à nous-mêmes sans faux-semblants dans un texte qui, extérieurement, n’a rien d’une autobiographie ou d’un mémoire… Non, c’est une façon de faire, quelques détails vrais et mélangés au corps du texte, indécelables pour un étranger, qui font partie de nous-mêmes et rendent le texte vrai, vécu, ressenti; qu’il s’agisse ou non de fiction, là n’est pas la question : si l’on y met ses tripes, si l’on écrit avec son sang, que le lecteur nous connaisse ou non, il le sent, sans même s’en rendre compte une seconde. Pour moi, le roman idéal, c’est celui qui fait tout oublier, celui qui, après des heures de lecture, laisse hébété et en manque. Errant. Un roman qui sème des points d’interrogation, un roman qui, par sa simplicité ou sa complexité, émeut et suscite la remise en question (quel que soit le domaine, je ne parle ni de morale, ni de prêt-à-penser comme disait mon prof de philo il y a quelques années; seulement des questions incitant à des réflexions personnelles.)

J’ai passé récemment des heures dans plusieurs bibliothèques, et sur internet, à consulter des archives, des bouquins d’histoire, des chronologies, à confronter tout ça, à regarder des cartes – j’adore les cartes-, à contacter des spécialistes du XIIe et du XIIIe siècle.  Je crois que je me suis découvert une nouvelle passion, celle de fouiner, de mêler la fiction à l’histoire, de me faire le plus précis possible et de chercher la petite bête; les détails insignifiants qui lient le roman à la réalité…. Pour mieux intégrer cette fiction que je crée de toutes pièces et qui fait penser au lecteur que le texte prend sa source dans le temps même, dans les moeurs, dans la vie. Le roman historique, c’est une alchimie instable et subtile à laquelle il faut apporter beaucoup de soin, de patience et de travail. Comme la mayonnaise, si on veut qu’elle ressemble à quelque chose, il faut mêler les ingrédients correctement, en bonne proportion et au bon moment (quelle pertinence dans la comparaison.)

Ainsi, Martin passe du statut de personnage fantasmé à personnage pseudo-réel, tout prêt à continuer son périple vers l’identité, vers la survie, vers la vie tout court. Ce genre de réflexions prépare bien le terrain : c’est un travail certes long et difficile, de longue haleine, mais quand j’aurai terminé la “mise en histoire”, il me restera à habiller la partie la plus intéressante de cette entreprise : la création. Rien que d’y penser, mille milliards de mille sabords, j’ai la chair de poule. Le travail avance bien mais il reste tant à faire !

S.C, le 14 Mai 2009

PS : et merci à tous ceux qui m’ont fait prendre goût à la minutie du roman historique; Mrs. Wladimir Troubetzkoy,  Pouckine (La fille du capitaine), Walter Scott, Bernard Cornwell (le dernier royaume), Victor Hugo, et surtout le très grand Balzac avec ses Chouans et sa pertinente préface à la Comédie Humaine (si le sujet vous intéresse, lisez-la, ce n’est pas long et c’est excellent), sans oublier La Bruyère avec ses précieux Caractères qui me seront toujours bien utiles …

Et plus récemment, à Jean-Pierre Pigalle pour sa Dame Blanche, et à Jean-Pierre Camo pour La Saga du Vinland; ainsi qu’à Philippe L. qui m’a gentiment prêté ce bien bon ouvrage !

*Scrib scrib scrib*…

Pensée du jour – 2

Posted in Pensées du jour on 1 mai 2009 by stivandco

“Le monde appartient à ceux qui se lèvent tôt”

J’ai enfin compris pourquoi la cafetière est toujours vide quand j’émerge !

Martin s’en retourne sur les routes !

Posted in Martin de la Folatière, Médiéval on 24 avril 2009 by stivandco

Plus Oultre !

En voilà une grande nouvelle ! Enfin, pour ceux qui savent qui est Martin…

Avant de parler de lui, il faut tout de même que je parle un peu de moi : je fais partie, depuis bientôt quatre ans, d’une troupe médiévale en association loi 1901, « La compaigne médiévale des Machicadoues », ainsi que d’un autre groupe, axé Viking celui-là, et provisoirement dénommé « Les Loups Blancs » (non officiel celui-ci, c’est juste un groupe d’amis qui s’amusent dans les foires, les fêtes et sur les routes…)

J’ai créé le personnage de Martin il y a trois ans peut-être, au moment où j’ai commencé à réellement m’intéresser au médiévisme. A cette époque j’ai fait l’achat d’une superbe épée à deux mains droite et sans gouttière, d’aspect brut, sauvage… Cette arme est venue s’ajouter à mon costume de mercenaire voyageur, que j’ai entièrement fabriqué, avec l’aide précieuse d’un ami et d’une habile couturière.

J’ai compris à ce moment qu’il fallait que je me crée un personnage, que je puisse devenir quelqu’un d’autre le temps d’une fête, quitter le monde réel de façon totale : lorsque je revêtirais mon costume, j’endosserais du même coup l’identité de ce double que j’allais me créer. Et ce double, c’est Martin !

Le personnage n’a pas beaucoup évolué au fil des années : j’avais trouvé la base de son histoire presque immédiatement, et elle n’a pas changé depuis…

Martin est né en 1188 sur le fief de La Folatière dans le Poitou, fils de Jean de la Folatière et d’Hélène de la Chapelle-Bâton, tous deux fidèles à Philippe-Auguste, le Roi de France.

A peine sorti du ventre de sa mère et béni par son père, l’enfant fut envoyé en lieu sûr en compagnie d’une servante, Jeanne, qui lui tint lieu de mère adoptive durant sa prime jeunesse. La raison en est simple : à seigneur dissident, village dissident ; et le modeste fief de la Folatière se préparait à être rasé par l’armée Anglaise de Henri II Plantagenêt pour insoumission. Jean, homme prévoyant et bon, avait compris qu’il avait peu de chances de survivre au conflit et que, s’il ne cachait pas son fils de la vue du roi Anglais, celui-ci ne ferait aucun cas de sa vie.

Un soir de Novembre 1188, alors que Martin n’avait pas six mois, il devint seigneur d’un castel en ruines et d’un village incendié, qui mettra des décennies à renaître.

Jeanne, sa mère adoptive aimante, ne lui révéla jamais son identité : à quoi bon ouvrir dans le cœur du jeune garçon une blessure que rien ne pourrait jamais guérir ?

Bien des années plus tard, la bonne servante des parents de Martin, pourtant, choisit de laisser implicitement le choix à l’enfant. Terrassée par la vague de Peste qui frappa la région en ces temps difficiles, c’est sur son lit de mort qu’elle choisit de donner à Martin le sceau de son père, une chevalière en or représentant une gueule de loup grise sur un blason à chevrons. « Fais-en ce que tu veux, dit-elle, c’est la seule chose que j’aie reçu de tes parents en même temps que ton couffin. Tu peux choisir de la vendre, ou encore de découvrir ce qu’elle représente. Tu as le choix de ta vie, Martin. Il ne tient qu’à toi de faire celui qui te semblera le meilleur. »

Jeanne mourut de la maladie quelques jours plus tard, après une lente agonie et une souffrance terribles, qu’elle supporta aussi vaillamment que son fils adoptif. Il la fit enterrer au pied de l’Eglise Saint Jean-Baptiste à Saint-Jean d’Angély, puis il revint vivre dans leur chaumière, le temps pour sa tristesse de s’atténuer, ce qui mit plusieurs mois. Quelques rares paysans lui proposèrent de l’aide, du travail, et quelquefois, à manger et à boire, malgré les temps difficiles et les nombreux décès causés par la Grande Maladie qui sévissait dans la région. Martin acceptait tout avec reconnaissance, jusqu’au jour où il décida de reprendre sa vie en main.

A quatorze ans, Martin, seigneur sans le savoir, vendait sa chaumière et en claquait la porte, se retrouvant seul et pauvre sur les routes de France, au milieu de la guerre opposant Français et Anglais pour la possession des fiefs des grands duchés de l’Ouest, de l’Aquitaine à la Normandie. Dans sa besace, de la viande boucanée, un vieux fromage, une outre de vin de Saint-Jean, et un minuscule coffret dans lequel trônait sa mystérieuse chevalière à tête de loup, son seul trésor…

… Et aujourd’hui, après trois ans d’aventures « vraies » sur des foires diverses et dans la grande forêt entourant Dreux ; après trois ans de réflexions et de pensées pour Martin, ses choix, ses erreurs, ses joies… Le voilà qui reprend sa route, juste avant le mois de Mai ! Il faut croire que l’inspiration attend elle aussi le printemps pour bourgeonner…

Peau neuve

Posted in Notifications on 24 avril 2009 by stivandco

Juste pour signaler que Stivandco’s devient “la taverne au bord du chemin”. A l’image de la nature le site fait peau neuve…

C’est toujours le même blog mais avec une esthétique différente… A bientôt !

S.C, vendredi 24 Avril 2009

La philosophie de WC (ou l’économie pour les nuls)

Posted in Elucubrations on 6 avril 2009 by stivandco

Hier, il m’est arrivé quelque chose d’à la fois incongru, marrant, et somme toute, assez consternant !

Il n’est pas rare, malheureusement, que les W.C publics soient pris pour cible de dégradations diverses et de tags variés, étant donné que “le petit endroit” est par définition la pièce la plus intime qu’on puisse trouver (surtout au bord des autoroutes, haha !). Et là, on trouve parfois des perles ! (sans mauvais jeu de mot !)

Remercions d’abord leur auteur, philosophe du dimanche et économiste à la petite semaine… Monsieur (dans les toilettes hommes je suppose que c’en est un) si vous lisez ces lignes par le plus grand des hasards, je vous invite vivement à développer vos thèses qui, je l’avoue, me restent assez obscures… En voici un florilège, de mémoire, je n’ai pas tout retenu naturellement, à la base je n’étais pas venu pour ça. Je n’ai pas retenu les fautes d’orthographe, non plus; ce qui enlève un peu de leur authenticité à ces pensées de comptoir.

  • “Le gros problème des Français c’est qu’ils n’aiment pas ceux qui réussissent, à l’image de la situation économique de leur pays qui le prouve”

Alors là j’ai beau chercher, je n’arrive vraiment, mais alors VRAIMENT pas à voir le rapport. Le pauvre économiste improvisé à dû, malheureusement, pousser ses facultés intellectuelles légèrement trop loin pour essayer de faire une phrase un peu longue… Manque de pot, si elle a dépassé la dizaine de mots, elle ne veut strictement rien dire. D’ailleurs, j’étais en train de me demander si un français qui réussit est obligé de ne pas s’aimer? Ce serait quand même triste, non ?

  • “Le problème des PME françaises c’est qu’elles ont une économie du passé. La France est en train de rejoindre la Roumanie qui pourtant est en Europe également”

Même constat affligeant, pourtant en lisant ce foudroyant axiome je ne peux pas m’empêcher de sourire ! Et puis, on se demande ce que la Roumanie vient faire là-dedans; en tout cas, j’ai été heureux d’apprendre que nous sommes en train de les rejoindre, étant donné que je ne connais aucun Roumain, cela ne pourra qu’être enrichissant !

  • “Sarkozy est le Pinochet de la France, son élection est une catastrophe naturelle et le pays court à sa perte”

Alors là, même s’il y a un fond de vérité derrière le (très) mauvais goût du parallélisme utilisé; c’est l’aspect apocalyptique du message qui est hilarant, on aurait presque l’impression d’entendre un prophète au marché porte de Clignancourt. En plus, ça fait mélodramatique, non, vraiment, notre philosophe de W.C est sans aucun doute un dramaturge qui s’ignore ! Sarkozy, le grand méchant Belzébuth, va venir manger les pauvres petits Français tout malheureux, qui ne gagnent même pas de quoi aller au restau tous les soirs… Sans compter la catastrophe naturelle qui va suivre, parce que oui, le Président est même capable de venir raser nos maisons et crever les pneus de nos voitures ! Brrr…

  • “La politique française c’est comme une pomme véreuse et on croque tous les jours dedans en achetant Le Monde”

Ici, dernière phrase puisqu’il n’y avait plus de place sur le mur, notre homme avait dû finir un peu trop vite le flash de whiskhy acheté au carrefour du coin. Il n’empêche, c’est celle là ma préférée. Elle semble concentrer en une vingtaine de mots tous les clichés que véhiculent les économistes improvisés (ceux qu’on retrouve au bar à 19 heures). Tout simplement épatant !

S.C, 6.4.09

Pensée du jour

Posted in Pensées du jour on 5 avril 2009 by stivandco

Attention, si l’on vous dit que vous avez des qualités et des talents cachés…

…Cela veut tout simplement dire qu’ils sont occultés par une épaisse couche de médiocrité.

Et paf !